Pourquoi la 3D prend place dans les musées ? Le musée des Beaux Arts de Lyon nous répond.

De nos jours, nous voyons nos lieux culturels transformer leurs espaces physiques en endroits virtuels. Ainsi, le musée des Beaux Arts de Lyon saute le pas et développe son catalogue 3D pour certaines œuvres majeures.

L’équipe du musée des Beaux Arts de Lyon répond à nos questions. Geneviève Galliano, conservateur en chef du département des Antiquités, Guillemette Naessens, responsable du service communication et Stéphane Degroisse, webmestre et chargé des nouveaux médias, se prêtent à l’exercice.



Comment se passe l’utilisation de la plateforme ARSKAN SiloData ?

Équipe MBA Lyon : Nous sommes satisfaits de l’expérience utilisateur de cette solution 3D, qui représente un véritable intérêt pour le monde muséal. Cela permet de rendre accessibles les œuvres et la prise en main et intuitive.

Les nouvelles technologies comme la 3D deviennent-elles courantes dans la sphère muséale ? 

Équipe MBA Lyon : Elles le deviennent, au sein du musée et sur le web. Elles permettent une meilleure appréhension de l’œuvre. Mais aussi, de pouvoir suggérer des restitutions (parties manquantes, couleurs…), de remettre l’œuvre dans un contexte (élément architectural par exemple), d’intégrer des informations complémentaires. Au-delà des œuvres, la 3D est également importante quant à la connaissance du bâtiment, pour permettre des parcours.

La 3D est-elle un atout pour les musées (accessibilité) ou n’est-elle qu’un complément mineur à la visite ? 

Équipe MBA Lyon : La 3D facilite le contact avec les œuvres et leur connaissance. L’emploi des nouvelles technologies est aussi un critère du dynamisme et de la modernité d’une institution. Le public est de plus en plus intéressé par l’interactivité.

La 3D permet d’appréhender l’œuvre sous de multiples angles. L’intérêt est évident lorsque, in situ, l’œuvre est protégée derrière une vitrine, laquelle est souvent contre un mur. 

Toute nouvelle technologie est susceptible de nous intéresser à partir du moment où elle donne un accès renouvelé à l’œuvre et permet d’aller plus loin dans l’histoire que nous pouvons raconter sur l’œuvre en question. Mais aussi, dans un équilibre entre apports de contenus scientifiques, approche esthétique et storytelling innovant.

Quels sont les publics les plus réceptifs à cet outil ?

Équipe MBA Lyon : Dans la mesure où l’accès à l’œuvre en 3D ne nécessite pas de télécharger une application ou un outil spécifique, qui représentent un frein pour certains, tous les publics sont réceptifs, bien que cela touche un peu moins les seniors.

Partager et intégrer vos modèles 3D massifs en mobilité. Collaborer avec vos équipes. Générer de véritables Jumeaux numérique 3D interactifs et connectés avec une technologie écologique.

Pendant le confinement, il a été évoqué des visites virtuelles des musées : qu’en pensez-vous ? Sommes-nous en train de réinventer la visite du musée, hors du musée lui-même ? 

Équipe MBA Lyon : Les nouvelles technologies ont montré leur potentiel pendant la période de confinement, ce qui mérite d’être pris en compte. Il faut trouver un juste équilibre, l’essentiel dans un musée restant l’œuvre originale. 

Le numérique a permis une avancée importante dans l’accessibilité à l’œuvre à distance. Dans les musées, la technologie n’est pas très présente. 

L’objectif de cette communication digitale sur les œuvres est de constamment apporter des éléments de connaissance et donc de les faire découvrir au public. Elle permet généralement de fournir des éléments de connaissance approfondie que n’apporterait pas un simple texte descriptif ou un simple visuel. Et ainsi, de susciter l’envie de découvrir l’œuvre en vrai, au musée. Le numérique et l’innovation digitale permettent d’approfondir et de diversifier l’approche de l’œuvre, rendant l’expérience très enrichissante pour le visiteur.

Quelle sera la suite de cette aventure numérique ?

Équipe MBA Lyon : Le scan de la porte de Ptolémée IV serait utile, avec peut-être la possibilité de la remettre dans le plan du temple de Médamoud. Le musée en 3D serait également très utile pour les visiteurs. La 3D peut pareillement être intéressante dans le cas d’expositions temporaires.

visualisation 3D en ligne de la porte du temple, dans le futur
Porte d’un temple de Médamoud – Image cc Lyon MBA Alain Basset

En conclusion, la 3D pourrait apporter beaucoup dans le cas de certaines œuvres ou pour certains espaces du musée, dans des contextes d’exposition donnés ou sur les réseaux sociaux. 


De la captation de la Koré à sa visualisation en 3D sur le web : retrouvez l’article ici https://actu.arskan.com/la-numerisation-et-visualisation-3d-des-collections-de-musees

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