Nous avons eu le plaisir d’échanger avec Vince Gorlier, enseignant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sur l’introduction de la réalité virtuelle dans le secteur judiciaire.

Retrouvez l’intégralité des questions dans son magazine LexWeb, le magazine du droit numérique.

C’est Mika, notre ingénieur 3D, spécialisé dans les problématiques de visualisation de la 3D (AR, VR, viewer) qui s’est prêté à l’exercice.

1. Pourriez-vous nous expliquer la différence entre réalité virtuelle (VR) et réalité augmentée (AR) ?

AR (image de gauche) : à travers un écran, on ajoute des éléments virtuels à la réalité. Ce sont des éléments avec lesquels on peut interagir.

VR (image de droite) : s’immerger dans un monde virtuel avec un casque.

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2. En quoi la réalité virtuelle peut-elle aider le domaine de la justice ?

Le côté immersif de la VR permet, par exemple, de se mettre à la place de la victime. On se rend mieux compte du contexte. C’est aussi un gain de temps : lors des reconstitutions, plutôt que de se rendre physiquement sur le lieu du crime, on pourrait imaginer y aller virtuellement.

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3. Pourriez-vous nous expliquer comme cela fonctionne concrètement ? Les juges, greffiers et avocats doivent-ils porter un casque pour accéder aux informations ?

Le casque projette une image pour chaque œil. Le cerveau les rassemble pour former une vision 3D. Cet appareil est indispensable. Ils pourraient accéder à une reconstitution 3D directement depuis un écran de téléphone ou d’ordinateur. C’est moins immersif, mais plus « pratique ». En termes d’interactivité, on est loin des jeux vidéo. Pour un usage judiciaire, on peut voir la scène captée. On ne peut pas déplacer les objets ou interagir avec l’environnement.

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4. Selon vous, pourquoi l’intelligence artificielle, la blockchain ou encore la justice prédictive sont mises en avant, alors que la réalité virtuelle dans le domaine de la justice n’est jamais évoquée ?

Le point commun entre les 3 premières cités, c’est qu’ils ne relèvent pas du jugement, mais du traitement de données. La blockchain ajoute un aspect infalsifiable et de la transparence. La VR n’est pas du traitement de données, mais de la visualisation, ce qui fait donc appel à un sens subjectif. Il y a aussi une contrainte d’usage (casque), de coût, et des préjugés. Car l’utilisation de la VR fait écho aux jeux vidéo, aux loisirs et à une utilisation non-professionnelle.

Des résistances freinent l’adoption de la 3D dans le milieu judiciaire

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Le principal problème rencontré dans l’utilisation de la VR, que ce soit par la police ou par les tribunaux, outre des résistances liées à l’utilisation des nouvelles technologies, est un verrou technique : le poids des données. “Les fichiers sont très lourds. Il faut réduire la résolution pour charger les maillages” (Greg Schofield, officier de police judiciaire canadienne).

ARSKAN permet de manipuler de l’imagerie 3D massive et complexe. Notre technologie réduit de manière significative le volume de données 3D. Aucune perte d’information, de qualité ou de précision n’est engendrée par l’opération de compression ou de décompression.

Pour en savoir plus :

La 3D s’invite dans les scènes de crime

Lire l’intégralité de l’interview sur le magazine LexWeb

Merci à Vince Gorlier pour cette interview !